Date : 07/03/2025
Sujet : Un retour et une analyse sur la longue série d’erreurs qui a abouti à l’état catastrophique actuel de nos infrastructures sportives.

epuis fin février, une pétition concernant les infrastructures sportives à Plougonvelin circule. L’association à l’origine de cette pétition (le Plougonvelin Hand Ball) veut attirer l’attention sur la situation préoccupante des infrastructures sportives de notre commune, à la suite des dommages causés par la tempête Ciaran en novembre 2023 :
- la salle 1 du gymnase condamné,
- la salle 2 problématique tant au niveau de l’accueil des spectateurs et des joueurs, que de la dangerosité du sol ou encore des fuites dans le toit
- la solution de replis sur les infrastructures du Conquet qui est bienvenue mais n’est pas une solution pérenne.
Les problèmes remontés par cette pétition sont tout à fait réels et cela va bien au-delà des seules suites de la tempête Ciaran sur le gymnase. La situation préoccupante des infrastructures sportives de notre commune date de bien avant et est bien plus large. C’est l’objet de ce billet.
otre première intervention en conseil municipal concernant le gymnase date de janvier 2023. Nous avions alors envoyé deux questions préalables au conseil qui concernaient la gestion de l’éclairage du stade, mais surtout ici, des interrogations sur les fuites du toit et la possible dangerosité du sol (NB : à l’époque, la majorité municipale faisait miroiter une rénovation de tout le complexe du Tremeur).
Nous avions reçu une réponse rassurante : pas de problème de dangerosité, l’infrastructure était saine malgré son âge.
Pas si saine que cela puisque un peu plus d’un an plus tard, le gymnase était gravement endommagé par la tempête Ciaran.
Certes cette tempête était d’une force très inhabituelle mais d’une part nous avions émis des doutes sur sa solidité et les conséquences de sa vétusté et d’autre part, et surtout, entre temps des investissements considérables (près d’un million d’euros) avaient été engagés sur le complexe sportif, non pas pour reconstruire ou sécuriser le gymnase, mais pour remplacer la pelouse naturelle d’un des trois terrains de foot par un revêtement plastique. Ce remplacement n’avait aucun caractère d’urgence.
C’est là que s’enclenche de ce que l’on appelle en psychologie la mécanique de l‘escalade d’engagement.
Au tout départ, il y a très longtemps, le groupe majoritaire a fait la promesse électorale de créer un terrain de foot synthétique. Les analyses préalables montraient que ce n’était pas une bonne idée, ni du point de vue du coût, ni du point de vue sanitaire, ni du point de vue de son utilité. Et pour achever le tableau, ce genre d’équipements est condamné à terme aussi bien par le parlement européen que notre Sénat. Au lieu d’acter d’une petite erreur de choix initiale, cette majorité s’est entêtée et a aggravé son mauvais choix par un investissement conséquent… qui ne permettait plus de faire ce qui était plus important et urgent : rénover ou reconstruire le gymnase aujourd’hui inutilisable.
Hélas ce n’est pas près d’être fini. L’histoire est toujours en cours car aujourd’hui l’argent manque pour faire les travaux indispensables si l’on prétend avoir une politique éducative et sportive digne de ce nom, en particulier pour le gymnase devenu inutilisable. C’est en autres pour cela que les associations ne reçoivent pas de réponses et d’engagements clairs. La majorité semble vouloir jouer la montre en espérant arriver aux élections de 2026 sans que « cela se voit trop ». C’était évidemment compter sans l’exaspération des associations sportives fortement entravées par cet équipement inutilisable.
Mais pas que… Les âmes sensibles doivent s’abstenir de lire la suite.
Le soucis avec l’escalade d’engagement, c’est que l’on accumule vite les erreurs et les pertes.
Côté pertes, il faut ajouter les 152.756€ qu’il a fallu trouver en 2024 pour combler l’absence d’une subvention budgétisée indument pour le terrain de foot. Encore quelque chose qui n’ira pas au gymnase.
En a-t-on fini avec les mauvaises décisions passées impactant le futur ? Hélas non car nous avons un autre équipement sportif qui dysfonctionne sur exactement le même mécanisme d’escalade et qui lui aussi handicape très fortement les investissements nécessaires. Celui-là date de plus de 25 ans : la piscine. Même mécanique infernale : un choix initial se révèle inadapté, au lieu d’arrêter on s’obstine à grands coups de subventions « exceptionnelles » annuellement renouvelées avant des montants en hausse et on arrive en 2025 à beaucoup plus de 800.000€ bloqués annuellement sur cet équipement en fin de vie (sans compter les aléas qui à peu près chaque année alourdissent la facture).
Voilà pourquoi aujourd’hui nos infrastructures sont, non pas dans un état préoccupant, mais bien agonisantes. C’est la conséquence directe de mauvaises idées initiales suivies d’une escalade de choix de plus en plus mauvais jusqu’à la catastrophe et l’impossibilité de rendre le service attendu par les associations sportives.
À ce stade, Cap Plougonvelin n’a pas encore tous les éléments nécessaires pour proposer un choix politique concernant l’avenir de nos infrastructures sportives. La réflexion est en court mais ne pourra être considérée comme complète sans des échanges avec les citoyens intéressés par ce sujet. Nous demandons depuis le début qu’un débat public soit ouvert avec la population pour la piscine. Il faut clairement l’étendre au complexe sportif. Cependant, d’expérience, dans ce genre de situation la meilleure chose à faire est de « prendre sa paume » et repartir de zéro. On verra bien.
Ces erreurs de choix politiques nous ont coûté très chers. Il est temps que cela cesse. Il est temps que les services attendus par les Plougonvelinois soient rendus et à un prix acceptable.
- propositions pour la campagne électorale, piscine
- novembre 2020, piscine
- décembre 2020, piscine
- juin 2021, piscine
- octobre 2021, stade de foot
- décembre 2021, la piscine et la pelouse du stade
- octobre 2022, pelouse synthétique
- décembre 2023, débat d’orientation budgétaire
- février 2024, réflexions générales sur l’urbanisme et nos infrastructures
- juin 2024, article des échos de Plougonvelin
- juillet 2024, réflexion sur la qualité de l’air dans nos bâtiments public
- novembre 2024, débat d’orientation budgétaire

bien entendu …. de la psychologie de base est à utiliser en face de cette psychopatologie dangereuse
zut mon H ne fonctionne plus
Bonjour
Je ne sais pas trop si ce compte est ouvert à tous (je ne crois pas vu la demande de mot de passe) mais il faudrait diffuser des analyses pertinentes de ce genre auprès d’un grand nombre de Plougonvelinois(e)s !!!!
Il est temps que les gens sachent…. et pas que pour le sport !!
Cap Plougonvelin fait ce qu’il peut avec ses tous petits moyens. Une question se pose quand même : pourquoi ne lit-on pas tout cela dans la presse ?