Réunion débat : “Le Numérique : une révolution pour notre société ?”

Le numérique est en train de redéfinir notre monde. Loin d'être une révolution technologique pour geeks asociaux, nous sommes pris dans un renversement de monde probablement inédit pour l'humanité.

Ce renversement de monde a une composante économique dont nous constatons chaque jour un peu plus les effets.

Mais c'est aussi probablement un questionnement profond sur qui nous sommes et qui nous pourrions devenir.

C'est enfin surtout une urgence politique car il ne fait plus guère de doute que les outils qui nous ont permis jusqu'ici de "gérer les affaires de la cité" sont désormais plus qu'obsolètes.

Comprendre les mécanismes de base de ce changement de monde n'est pas nécessairement très compliqué. Mais les ignorer a toutes les chances de nous rendre impuissant.

Voici la vidéo Facebook réalisée en direct.

Ma tribune au Think Tank de l’Hétairie : Savoir lire l’économie numérique, un impératif politique

Lire l'économie numérique

L'économie numérique s'est imposée comme un fait dans le paysage économique. Mais c'est un fait encore trop mal compris qui piège l'analyse économique classique à cause de sa singularité.

Lire cette économie comme on le fait classiquement avec les outils habituels ne permet pas d'en comprendre les ressorts ni les impacts.

Lire cette économie de façon classique pourrait même aboutir à faire des choix à contre-emploi.

Cette tribune trace des parallèles entre la révolution industrielle du XIXème et ce qui se passe en ce début de millénaire. Elle essaie de replacer notre lecture économique dans un schéma de règles différentes.

 

La publication sur le site de l'hétairie.

Retour sur la conférence sur l’emploi à Sato Relais

En juin 2017, j'ai donné une conférence sur l'emploi pour Sato Relais à Brest.

Son président Georges Pellen a accepté d'en faire une synthèse que nous sommes particulièrement heureux de partager ici.

Georges PELLEN 12 octobre 2017

A PROPOS DE LA CONFERENCE REALISEE A SATO

juin 2017

IMPACT DE LA NOUVELLE ÉCONOMIE SUR LE TRAVAIL ET L’EMPLOI

Au cœur des transformations qui s’opèrent dans les systèmes de production et d’échanges, la révolution numérique se révèle puissante.

Elle ne peut de nos jours être simplement analysée comme un phénomène de changement parmi d’autres, qui relèverait simplement des technologies de l’informatique et de leurs effets sur de nouvelles formes de travail et des métiers.

Car le numérique provoque l’immatérialité des échanges, transforme le rapport au temps et plus radicalement encore, la fabrication des biens et des services au centre desquels s’impose la notion d’usage, se substituant à la notion de propriété de l’objet par le capital investi. Ce qui impacte considérablement les modes de consommation et les processus économiques au sein des quels se trouvent remis en cause les valeurs des produits consommés, les prix et les relations commerciales dans les flux des relations clients/fournisseurs notamment par l’hyper connectivité, illustrée par la pluralité des offres à bas coût.

Nous retirons des travaux de Philippe RIS, de ses recherches sur la nouvelle économie et ses répercussions sur le travail et l’emploi, de nombreux enseignements dont les participants à la conférence donnée par lui au Groupe SATO, porteur de plusieurs structures d’Insertion par l’Activité Economique dans le Finistère et le Morbihan, ont pu bénéficier pour appréhender les évolutions se rapportant à la révolution numérique et à ses impacts.

Retenons des apports de Philippe RIS, dont la pédagogie permet une « approche de la complexité », l’incidence du numérique sur la gratuité d’échanges et de services. Celle-ci modifie l’économie des flux de production et leur accès, la valeur des biens produits et consommés, les processus de production, à travers eux l’emploi. Pensons à l’accès aux connaissances disponibles dans l’immédiateté sur les moteurs de recherche tel que Google.

Si des emplois appartenant au monde du marché traditionnel disparaissent du fait du numérique en provoquant une rupture entre activité, dispositif de production et capital investi, des formes nouvelles de travail émergent, par l’intensité des communications et des biens mis à disposition virtuellement. Trouver sa chambre d’hôtel B§B ou dessiner sa chaussure par l’intermédiaire d’un site, sans immobilisation des structures ou des outils renvoie aux capacités personnelles de production. Elles impliquent aussi et de plus en plus des formes collaboratives associant des compétences diversifiées pour concevoir fabriquer et valoriser des produits, générer des services dont on peut à terme être autant acteur que consommateur!...

Le numérique engendre une nouvelle économie affectant l’organisation des productions et tout autant les emplois. Présentement et dans l’avenir des systèmes structurants le monde des entreprises s’effacent. D’autres s’inventent et apparaissent par la créativité et l’adaptation à de nouvelles formes d’activité et d’emplois, relevant d’une extrême plasticité des échanges.

L’aventure s’amplifie en appelant une lecture des déplacements qui s’opèrent et des nouvelles règles du jeu.

Georges PELLEN

Président de SATO RELAIS

Conférence : Impact de l’économie numérique sur l’emploi

Le jeudi 22 juin, nous donnerons une conférence sur le thème de l'impact de l'économie sur l'emploi.

  • Quels sont les règles de l'économie numérique qui amènent un changement sur l'emploi ?
  • Pourquoi une entreprise a intérêt à fonctionner selon les règles de l'économie numérique plutôt que celles de l'économie classique ?
  • Pourquoi chaque individu a lui aussi intérêt à être dans cette économie numérique ?
  • Quels rebonds pour l'emploi ?

Voici quelques unes des questions qui seront abordées pendant cette conférence.

La fin du travail ou pas ?

En France, l'emploi concerne environ 25 millions de personnes, dont les 3/4 travaillent pour le secteur tertiaire. Bien que la tendance soit à la baisse, 90% de ces emplois sont réalisés dans un cadre salarial.

À chaque évolution majeure se pose la question du ré-équilibrage entre emploi détruit et créé.

Jusqu'ici, toutes les politiques économiques ont cherché à lutter contre les variations du niveau d'emploi (donc du chômage) avec l'idée que le quasi plein emploi était une réalité atteignable. Et de fait, pendant très longtemps, les évolutions technologiques ou les aléas géopolitiques ont toujours pu être peu ou prou gérés de façon à re-créer ailleurs et différemment ce qui était détruit à un moment donné.

L'arrivée de l'économie numérique vers 2008 a introduit des règles économiques différentes et l'idée que nous allions peut-être vers une forme de "fin du travail". Et il est vrai que l'on a vu monter en puissance des activités d'une forme assez particulière, auto-gérée, collaborative ou autre. On a vu également émerger des sociétés de taille très modeste (entre autres en nombre d'emplois) s'attaquer à des bastions tenus par de très grosses sociétés. Mais il s'agissait jusqu'ici plutôt d'une opposition de modèles économiques plus que d'un mouvement général destructeur de l'emploi.

Puis est arrivé Watson. Watson est un programme d'intelligence artificielle créé par IBM. Au départ, il est connu pour avoir participé et gagné un jeu télévisé aux États-Unis (Jeopardy!) en 2011. La grande avancée de Watson tient dans sa capacité a interpréter les subtilités du langage humain. Cette capacité étant avérée, IBM a commencé à faire des déclinaisons de Watson dans les domaines médicaux ou de la finance.

Dernièrement, une version de Watson a été mise en œuvre dans le domaine de l'assurance : une société d'assurances japonaise, la Fukoku Mutual Life Insurance Co, lui a confié la tâche de traiter des dossiers de réclamations sur des contrats. Il s'agit là d'un travail administratif très courant dont il existe une multitude de versions dans tous les domaines. Pour la compagnie d'assurance, le coût de démarrage de Watson a été de 1.6 millions d'euros pour un coût annuel de 120.000€ (soit probablement le coût de 2 à 3 postes salariés). La productivité de l'intelligence artificielle est naturellement incomparablement supérieure à celle d'un salarié et finalement, la société a détruit 34 emplois avec cette évolution.

En clair, nous avons là un cas concret où le recours à une intelligence artificielle donne des résultats meilleurs qu'avec des salariés (moins d'erreurs, disponibilité 24h/24) pour un coût très inférieur. Et il ne s'agit pas de remplacer des salariés peu qualifiés, ou des travaux pénibles ou dangereux, mais bien des postes administratifs comme il en existe des millions en France (et partout dans le monde). Il n'est guère difficile d'extrapoler sur ce qui va se passer d'ici quelques années. Parce que Watson est numérique, son coût va probablement chuter très rapidement et il va pouvoir être décliné sur d'autres tâches administratives types. Il sera impossible aux entreprises de ne pas recourir à ce genre d'IA sous peine d'être complétement dépassées par les concurrents en matière de compétitivité des fonctions supports (a minima). Par ailleurs, il est de l'intérêt des clients d'avoir le niveau de qualité offert par des solutions numériques comme Watson.

Alors oui, nous sommes clairement, non pas à l'époque de la fin du travail, mais de la fin des capacités humaines à réaliser des travaux (ici administratifs) mieux qu'un programme d'Intelligence Artificielle. Des millions d'emplois administratifs (et d'encadrement qui en découlent) vont être supprimés dans les années à venir.

Il est impératif d'adapter nos modèles pour ré-équilibrer et redistribuer la richesse créée par les machines au profit global d'une société qui doit être redéfinie. Voici qui devrait inspirer fortement les candidats de notre élection présidentielle.

e-book “Les lunettes de l’économie numérique”

Les Lunettes de l'économie numérique

Prix : 2,00€ (HT) pour la version électronique
Philippe Ris est docteur en informatique, intervenant à l’école supérieure de commerce Brest Busines School, fondateur et dirigeant de la société de stratégie numérique Auris Solutions, cofondateur et codirigant de la startup Free Syndic. «Les lunettes de l’économie numérique» sont le résultat de son parcours et de ses expériences professionnelles : recherche, enseignement, création d’entreprises, gestion économique quotidienne, conseil auprès des équipes dirigeantes, ... L’objet de cet ouvrage est de donner un décodage simple de l’économie numérique dont un certain nombre de règles sous-jacentes sont radicalement différentes des règles de l’économie classique. Après l’avoir lu, votre vision de la nouvelle économie sera plus claire et vous serez en mesure de vous... Plus >
Le livre est également édité en version papier.

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ISBN 9781326614652
Édition Première édition
Publié 1 avril 2016
Langue Français
Format du fichier ePub
Taille du fichier 1.03 Mo

Formats pour cet eBook

Logiciel requis : N'importe quel lecteur ePub
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Le livre “Les lunettes de l’économie numérique”

Les Lunettes de l'économie numérique

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Imprimé en 3 à 5 jours ouvrés
«Les lunettes de l’économie numérique» sont le résultat du parcours de l'auteur et de ses expériences professionnelles : recherche, enseignement, création d’entreprises, gestion économique quotidienne, conseil auprès des équipes dirigeantes, ...
L’objet de cet ouvrage est de donner un décodage simple de l’économie numérique dont un certain nombre de règles sous-jacentes sont radicalement différentes des règles de l’économie classique. Après l’avoir lu, votre vision de la nouvelle économie sera plus claire et vous serez en mesure de vous poser les bonnes questions, et donc d’être armé pour y répondre.
Le livre est également édité en version e-book.

Les Lunettes de l'économie numérique

Fiche détaillée du produit

ISBN 9781326614485
Copyright Philippe RIS (Licence Creative Commons : Attribution 2.0)
Édition Première édition
Éditeur Philippe RIS
Publié 1 avril 2016
Langue Français
Pages 68
Reliure Couverture souple en dos carré collé
Impression intérieure Noir & blanc
Poids 0,1 kg
Dimensions (centimètres) 10,8 (largeur) x 17,48 (hauteur)

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Les lunettes de l’économie numérique

Sortie du livre les lunettes de l'économie numérique

 

Le dernier ouvrage de Philippe Ris,

 

"Les lunettes de l'économie numérique,

Comment comprendre la nouvelle économie en 17 règles"

 

sortira le 17 avril

en version papier et e-book.

En voici un petit aperçu en vidéo :

Emploi & économie numérique (2/2)

L’impact du numérique sur l’emploi au sein des entreprises

Si dans un monde numérique les actifs ont la possibilité et l’intérêt de passer à une nouvelle définition de l’emploi, qu’en est-il pour les entreprises ?

Le modèle de l’entreprise « vieille économie »

emploi-3Traditionnellement une entreprise c’est un ensemble de moyens de production dont les revenus servent à financer son fonctionnement et rémunérer des tiers. Dans le vieux modèle, on a besoin d’argent pour les apports en capital (beaucoup) et le BFR (plus ou moins). L’autre élément de production est le travail fourni la plupart du temps par les salariés de l’entreprise et des tiers sous-traitants et partenaires.
De façon simplifiée, la valeur ajoutée créée par l’entreprise permet de rémunérer les actionnaires et de financer la protection sociale

L’impact du numérique sur l’entreprise

emploi-4Comme pour les actifs, le numérique va avoir des conséquences profondes sur le modèle de l’entreprise.
Tout d’abord, une entreprise numérique n’a besoin que de très peu de capitaux d’investissement, mais énormément pour ses fonds de roulement (on peut créer une startup numérique avec quelques euros, mais si le modèle est bon elle va consommer des millions d’euros à un rythme accéléré jusqu’à arriver à son potentiel).
L’évolution la plus fondamentale concerne cependant le travail. Lorsque l’on compare AirBnB et AccorHotels, il apparaît facialement que le premier est infiniment plus productif que le second puisqu’ils ont une capacité supérieure de location tout en employant moins de personnel. Or la réalité est exactement inverse. La productivité d’AirBnB est probablement catastrophique mais la société utilise un mécanisme très important de l’économie numérique : la désintermédiation ou plutôt ici la dislocation de la chaîne de valeur permettant de produire le service. Dans un tel modèle, la société utilise le capital personnel de production de certains individus (ses clients « bailleurs ») en remplacement de son personnel salarié mais aussi de ses investissements (ici dans des chambres d’hôtel). Une grosse partie de la production est réalisée par les clients eux-même, ce qui est classique en économie numérique.
Enfin, dans un tel modèle, non seulement le prix de la prestation chute considérablement mais une partie peut parfaitement être démonétisée et payée sous forme de troc de services.
La conséquence directe est une chute des ressources financières pour rémunérer les actionnaires et financer la protection sociale ainsi qu’une diminution drastique du nombre de salariés dans les entreprises de la nouvelle économie.

Pistes de financement de la protection sociale

emploi-5Avec l’apparition du capital personnel de production, la notion même d’entreprise est brouillée (elle n’est d’ailleurs juridiquement pas si claire que cela). Toute personne, même mineure est désormais un producteur qui a la capacité de réaliser des échanges de valeur via le troc de services de l’économie numérique.
Ce modèle se révèle beaucoup plus efficace que l’ancien modèle de production et à moins de restreindre la liberté d’exploiter notre capacité personnelle de production, ce nouveau modèle s’impose à notre société et s’oppose à l’ancienne économie.
En attendant de savoir comment nous pouvons créer une protection sociale sur un modèle d’économie numérique, il faut trouver un moyen de la financer. La démographie ne permettait pas de financer correctement la protection sociale, la bascule généralisée dans l’économie numérique va aggraver la situation puisqu’on ne pourra plus s’appuyer sur l’emploi salarié.
Une première piste est de transférer l’intégralité des charges salariales vers une taxe sur les flux financiers quels qu’ils soient. Ceci doit être couplé à une disparition de l’argent non numérique. Les entreprises ne seront plus collectrices des taxes, ce sont les organismes en charge des flux qui le seront (les banques aujourd’hui).
Une autre piste serait d’introduire les mécanismes numériques dans la protection sociale. Après tout, si l’on adopte le point de vue d’un État vu comme un ensemble de services publics, on se retrouve avec un acteur particulièrement bien qualifié pour tirer tous les bénéfices d’une nouvelle économie qui est par nature une économie basée sur les services.

Conclusion

Les nouveaux mécanismes introduits par l’économie numérique incitent naturellement les individus comme les entreprises à considérer l’emploi salarié comme moins attractif. S’il est peu probable qu’il disparaisse totalement, il est en revanche très probable que l’on voit une accélération de la chute du nombre de salariés, ce qui menace directement le mode de financement de notre modèle social.
Pour des raisons fondamentales comme la liberté et le droit d’utiliser ses propres capacités pour entreprendre comme des raisons pratiques liées à l’efficacité de l’économie numérique, il est illusoire de penser stopper une évolution qui s’impose très rapidement à nous.
Il est par contre nécessaire et urgent de s’approprier ce sujet et de choisir en toute connaissance de cause du nouveau modèle de nos sociétés et de notre société.