#Edito : Confinement et Déchirement

wiston churchill peintre

Date : 085/11/2020

Sujet : que restera-t-il de la culture et du tissu associatif après le covid ?

« Then what are we fighting for? »

Confinement

Nous sommes entrés dans la deuxième séquence de confinement du covid-19. Certain ont pu se convaincre que la pandémie ne durerait que le temps d’une saison mais la réalité s’impose à tous. Non seulement ce n’est pas qu’une flambée anodine de quelques semaines mais à l’instar de la grippe espagnole après la première guerre mondiale et celle de Hong Kong à la fin des années 60, il est raisonnable de considérer que le phénomène durera de 12 à 24 mois avec ou sans vaccin.

Les médias ont beaucoup traité les problèmes économiques et sanitaires de cette crise et des mesures de distanciation, pour ne pas dire d’isolement. Mais ils ont moins traité des impacts sociaux et culturels dans un monde où il est devenu presque impossible de « faire société ».

Dans notre commune comme dans beaucoup d’autres en France semble-t-il, le monde associatif rencontre de gros problèmes aussi bien pour attirer des adhérents que pour animer les associations. Il semblerait même que les préfectures aient actuellement à traiter un nombre conséquent et inhabituel de procédures de dissolution. À titre personnel, je suis membre de plusieurs associations Plougonvelinoises dont une pourrait être dissoute dans les prochaines semaines.

Cette association anime la vie culturelle de la commune et même d’Iroise, rythmant la vie littéraire locale de rendez-vous au printemps et à la fin de l’automne depuis des années. Mais comment choisir des textes, répéter et préparer un spectacle avec les gestes barrières ou pire en période de confinement ? Comment donner rendez-vous à un public, pourtant fidèle d’année en année, lorsque les salles ne sont plus disponibles ?

Comment aussi insuffler à l’association l’énergie nécessaire à sa continuation et le renouvellement d’idées nécessaires à sa survie en cette période aussi inédite que complexe ?

Et puis en ces temps de numérisation accélérée du monde, quelle place peut encore tenir notre culture, en particulier littéraire alors que par exemple il y a quelques semaines pour la première fois une youtubeuse de 22 ans est devenue numéro 1 des ventes de livres en France ?

 

Lena Situation

Déchirement

Alors faut-il se résigner ?

Faut-il accepter que les Conteurs d’Iroise, puisqu’il s’agit de cette association, disparaisse victime du temps qui passe, de l’époque qui fige, du changement qui tue ?

Y aura-t-il encore un public désirant vivre cette forme de culture dans un an si l’association réussissait à survivre ?

Je me pose personnellement ces questions parce que peut-être un peu plus impliqué que d’autres pour y répondre. J’aime cette association tout aussi bien pour le plaisir de l’échange qui est son ciment, pour la joie d’y partager avec le public des textes célèbres, pittoresques, émouvants, parfois incongrus, d’y proposer aussi quelques uns des miens.

Parce que je suis un des « jeunots » de l’association, je sais les espoirs qui n’osent s’exprimer. Je craints aussi comme beaucoup d’autres que si l’expression littéraire qu’elle défend devait s’arrêter encore une année, il y a peu d’espoirs pour qu’elle puisse renaître dans notre commune.

Tant que les mesures de distanciation perdureront, il ne sera pas possible de donner les spectacles comme avant. Mais il est possible d’assurer une certaine forme de continuité sous une forme audio diffusée au moins via les réseaux sociaux. Ne pas rompre le lien pour se donner un espoir de continuer à faire vivre avec force notre culture littéraire.

Mais voilà, en ce qui me concerne, là où certains peuvent se plaindre d’un désœuvrement forcé, mes activités professionnelles et d’élu me laissent très peu de temps libre. Et c’est bien là que le confinement se change en déchirement et que la phrase attribuée à Churchill résonne en moi d’un timbre particulier : Pourquoi se battre si ce n’est pas pour notre culture ?

Les histoires de cochons m’amusent beaucoup lorsqu’il s’agit du Club Littéraire des Éplucheurs de Patates, nettement moins lorsqu’il s’agit de veiller à la conformité d’une procédure administrative sur notre commune. Je dois pourtant assurer ma mission d’élu.

Alors peut-on s’en sortir et espérer revenir dans un an assister au spectacle du printemps des poètes ou à la veillée d’automne ?

Seul, je n’y arriverai pas, mais avec de l’aide il me semble possible de se battre pour que le fil d’Ariane ne soit pas coupé et que nous réussissions à trouver la sortie. Je ne sais pas exactement sous quelle forme, mais je suis prêt à voir comment par exemple monter et diffuser des lectures tant que cette période nous l’imposera.

Seul je n’y arriverai pas, mais j’espère que certains d’entre vous sont prêts à voir comment nous battre ensemble pour défendre notre culture et essayer de la transmettre au mieux à toutes et tous avec les contraintes, les moyens et les attentes et d’une époque hors norme.

Si c’est le cas, malgré le confinement, n’hésitez pas à me le dire.

Pour marque-pages : Permaliens.

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