Enquête sur la nécropole de Plougonvelin : acte II, l’histoire administrative

druide sur la nécropole de Plougonvelin

Date : 24/02/2021

Sujet : Rapport sur l’affaire de la nécropole de Plougonvelin. Acte II.

 

Après avoir abordé les aspects purement historiques du plateau de Bertheaume, ce deuxième post présente les éléments administratifs que nous avons pu retrouvés lors de notre enquête sur l’affaire de la nécropole de Plougonvelin.

L’histoire administrative de la zone

On trouve des références administratives ou académiques des sépultures sur le plateau à partir de 1958 : trois tombes en 1958, une en 1962, trois en 1974 (cf. les travaux de l’association Phase).
En 1998, une fouille de diagnostic est décidée. Elle a lieu sur la parcelle qui a été fouillée complètement en 2020. Cette fouille conclut bien à la présence de plusieurs tombes et aboutit à un classement en réserve archéologique. La parcelle devient inconstructible et la municipalité de l’époque semble vivement intéressée par le site.

cadastre nécropole

Hélas, la fouille de 1998 est très imparfaite et ne révèle pas le niveau exceptionnel du site. La première conséquence est que seule la parcelle est classée en zone non constructible dans le PLU de 2001 ce qui permet la création d’un lotissement tout autour. Ceci a probablement entraîné la destruction d’un nombre important de traces archéologiques. On peut s’étonner sur l’absence d’interrogations lors des travaux du lotissement. Certes l’identification de vestiges de coffres mortuaires en bois n’est pas aisée pour un œil non averti. Certes les coffres en pierre une fois la pelleteuse passée ressemblent juste à des pierres plates, mais quand même !
L’autre conséquence est que l’idée d’un « site intéressant mais pas exceptionnel » s’est installée et qu’au fil du temps les différentes municipalités qui se sont succédées n’ont pas porté l’attention nécessaire aux lieux. N’ayant pas de projets spécifiques de sauvegarde pour le site, elles ont laissé l’urbanisation se développer sur la nécropole. Il ne semble pas non plus que ces municipalités aient porté une attention à la hauteur du patrimoine de la commune, en général.
En juin 2015, dans son arrêté ZPPA-2015-0312, le préfet de la région Bretagne confirme cette zone comme zone de présomption de prescription archéologique.
En janvier 2018, le service régional de l’archéologie demande à ce que la parcelle soit toujours classée dans le PLU (en cours de finalisation) en zone protégée au titre de l’archéologie.
La parcelle est restée en zone non constructible pendant deux décennies. Les choses se sont soudainement accélérées en 2018. La parcelle a changé de statut lors du passage du Plan Local d’Urbanisme communal, au Plan Local d’Urbanisme Intercommunal. Nous n’avons pu trouver aucune délibération du conseil municipal de Plougonvelin, aucun document permettant de savoir quelle autorité a déclassé ce terrain, ni quand cela a été fait, rendant ainsi le terrain constructible et de facto permettant la destruction du site archéologique. Logiquement, il s’agit de la responsabilité du maire.

La parcelle a également été divisée en deux, et l’un des lots a été vendu en 2020. À cette occasion, la municipalité aurait pu exercer son droit de préemption ce qui aurait permis de sauver le site. Elle aurait de plus pu le faire à moindre coût si elle n’avait pas préalablement déclassé le terrain puisque le prix d’une parcelle non constructible n’est en rien comparable au même terrain constructible.
Courant 2020, un permis de construire a été déposé et accordé le 24 mars (en pleine campagne municipale) puis revu en octobre 2020. Deux occasions manquées pour empêcher la destruction programmée du site.

On notera l’extrême singularité de la situation puisque le terrain a été déclassé et rendu constructible, à notre connaissance, sans éléments archéologiques factuels permettant de conclure à l’absence d’intérêt de sa préservation. La suite va d’ailleurs démontrer le contraire.
Enfin, l’INRAP est intervenue fin 2020. Pour avoir rencontré le responsable des fouilles, je peux témoigner de la qualité de leur travail et au-delà du profond respect qu’ils ont eu pour ce lieu particulier. Leur intervention a cependant été mal comprise par certaines personnes. Leur action avait un but principal, à savoir sauver ce qui pouvaient encore l’être c’est à dire la connaissance archéologique du site. La destruction du site avait été décidée par le propriétaire et l’INRAP n’avait pas les moyens de l’en empêcher. Leur reprocher leur action revient en somme à accuser un médecin légiste du décès de la personne qu’il autopsie. Sur ce que nous avons pu constater, le travail qu’ils ont fait en 2020 était de bien meilleure qualité que ce qui avait été fait en 1998. Mais c’était trop tard pour la préservation du site en l’état.
Le 30/12/2020 est intervenu la dernière étape de ce dossier, à savoir l’enregistrement de l’acte notarié fixant la vente d’une des deux parcelles aux demandeurs du permis de construire accordé en mars. Nous ignorons qui a fait la demande de fouilles à l’INRAP et à qui ont été accordées les subventions pour les faire.

 

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Un Commentaire

  1. dommage pour la mémoire de nos ancêtres . Le passé quoiqu’on en dise nous permet d’enrichir le présent mais aussi le futur !

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