La contribution de Cap Plougonvelin au Débat d’Orientation Budgétaire du conseil municiplal de Plougonvelin
La contribution de Cap Plougonvelin au Débat d’Orientation Budgétaire du conseil municiplal de Plougonvelin

La contribution de Cap Plougonvelin au Débat d’Orientation Budgétaire du conseil municiplal de Plougonvelin

budget

Date : 19/12/2022

Sujet :

Débat d’Orientation Budgétaire au Conseil municipal de décembre

La contribution de Cap Plougonvelin au Débat d’Orientation Budgétaire du conseil municiplal de Plougonvelin

Le conseil est réuni ce soir pour une discussion autour du débat d’orientation budgétaire. Pour Cap Plougonvelin, Il doit être l’occasion de proposer des pistes de réflexions liées aux événements majeurs de l’année et aux enjeux de l’époque. Il doit être l’occasion d’une prise de conscience collective renouvelée de l’évolution significative et irréversible de la situation en matière de changement climatique et de baisse de la biodiversité, évolution qui s’accompagne de risques nouveaux et majeurs impactant la vie de la commune et du territoire.
Il devrait constituer aussi le lieu pour définir une méthode de travail et un plan d’action mettant en route les transformations nécessaires pour la fin de la mandature en 2026 et qui se prolongeront au-delà.
L’objectif est bien de lancer sans délais les chantiers de la transformation du territoire pour anticiper les crises et mieux les affronter.

Tout d’abord, permettez-moi de rappeler quelques points de repère définis par le Shift Project pour une démarche politique réussie

Une telle démarche passe par une méthode en plusieurs étapes et quelques principes d’action à suivre pour aligner la vie politique du territoire sur les objectifs définis en commun.
0. Tout commence par comprendre et partager les enjeux, avec des menaces bien réelles sur la sécurité et le bien-être des populations du territoire, comme sur son économie ;
1. Il faut se mobiliser pour définir ou redéfinir les grandes lignes d’un projet de territoire à la fois résilient et désirable ;
2. Il faut orienter les actions en cours et celles à venir vers les objectifs définis dans le projet commun et partagé.

Ensuite, pour aider à faire les bons choix et à prioriser les actions, les principes suivants peuvent être retenus :
1. Il faut arrêter d’aggraver le problème, c’est à dire renoncer aux projets ne s’inscrivant pas dans la vision d’un territoire décarboné et d’un réchauffement global de 1,5 °C en 2050. Avant de lancer tout nouveau projet, il faut se poser les bonnes questions comme :
Le besoin auquel répond ce projet aura-t-il encore un sens en 2050 si sa durée de vie l’excède?
Le projet risque-t-il de rendre le territoire plus dépendant aux énergies fossiles ?
Le projet reste-t-il viable face aux effets d’un réchauffement global de 1,5 °C en 2050 et plus au-delà ?
2. Il faut commencer dès maintenant ce qui prend du temps en amorçant les chantiers structurants et les transformations ayant les plus grandes inerties comme l’adaptation de l’urbanisation et de l’habitat à l’élévation du niveau de la mer, aux submersions et à l’érosion.
3. Il faut maximiser l’efficacité et les co-bénéfices, commencer par les actions les plus efficaces et apportant des bénéfices importants sur plusieurs plans.
4. Il faut privilégier les actions contribuant aux objectifs partagés des territoires voisins avec lesquels existe une interdépendance et une communauté de destin comme la gestion de l’eau
5. Il faut anticiper pour pouvoir prendre appui sur les crises, planifier dès aujourd’hui les transformations les plus ambitieuses dans leurs objectifs via une planification rigoureuse et pragmatique pour tenir le cap et naviguer dans un environnement (physique, juridique, réglementaire, économique) incertain
Le cadre ci-dessus peut et doit être discuté, comme modifié avant d’en adopter une forme qui corresponde au mieux aux caractéristiques propres et aux spécificités de notre territoire qui est à la fois agricole et littoral.

Pour en venir spécifiquement au budget 2023 de la commune.
Les événements majeurs qui s’imposent d’évidence sont l’explosion du coût de l’énergie pour la commune comme pour les habitants et les difficultés budgétaires et économiques qui en découleront à coup sûr. Cela fait maintenant environ 12 ans que ce que l’on a nommé le peak oil a eu lieu. Cela aurait dû faire près de 12 ans que l’État, les collectivités et dans la mesure du possible les personnes et les entreprises, auraient dû travailler à mettre en place l’après pétrole. La réalité qui éclate en 2022 avec les conséquences de la guerre en Ukraine sont que l’on a perdu 12 ans. Ce n’est pas que rien n’a été fait, mais le constat est que, pour ce qui nous préoccupe ce soir, la municipalité de Plougonvelin n’a pas été très au-delà de la recherche trop timide d’économies d’énergie, que notre commune n’a jamais eu l’ambition d’investir dans l’auto-production d’électricité ou de favoriser cet investissement et que l’intercommunalité, qui aurait pu compenser cette timidité, a surtout été inventive sur des montages juridiques dont la logique nous échappe, pas sur le développement de la production d’énergie.
C’est pourquoi, Cap Plougonvelin propose au débat de ce soir d’envisager d’engager une politique affirmée vers l’auto-production de l’électricité que les services municipaux consomment ainsi que, le temps venu, de renouveler notre parc de véhicules par des véhicules ne consommant pas de pétrole. Ceci marquerait un bon engagement de départ.

Pour les enjeux de l’époque impactant le budget de la commune, le plus marquant est naturellement l’adaptation maintenant incontournable au changement climatique en particulier sur nos côtes. Il faut à nos concitoyens comme aux élus du temps pour prendre la mesure d’un tel changement. Cette année le conseil municipal a fait un pas en votant notre participation à certaines actions de la loi climat & résilience. Nous nous engageons timidement dans le bon sens. Mais là aussi, sans engagement plus fort, volontaire et surtout avec un début de budgétisation, nous risquons de devoir réagir une fois la guerre climatique déclarée. Le CEREMA a inscrit sur ses cartes que tous les bâtiments sur les falaises de Plougonvelin auraient disparu d’ici 2100. Pas en 2100, mais bien entre aujourd’hui et 2100. La commune a des leviers d’action pour anticiper cela, dont le levier budgétaire. L’urgence est de mettre toute la bande littorale, falaises et zones submersibles du TrezHir et du Perzel en zones non constructibles. Il ne faut plus délivrer de permis de construire dans ces zones. Se pose aussi pour le conseil municipal les questions de voir comment retarder les dégâts à venir mais aussi, éventuellement, d’agir financièrement pour aider les propriétaires actuels en rachetant les terrains. Nous devons réfléchir à l’usage futur de la taxe GEMAPI pour entamer les démarches vers l’établissement public qui en a la responsabilité. Nous devons également réfléchir à la part du budget municipal que nous souhaitons allouer à ce défi se rapprochant à flots rapides et puissants.

Concernant ensuite le budget de la piscine.
Cap Plougonvelin était jusqu’ici très partagé sur ce dossier. La piscine est un réel atout pour la commune, mais cet atout est un cauchemar financier qui pèse beaucoup trop sur nos finances, qui plus est principalement au bénéfice direct de non-Plougonvelinois. La délégation sur la gestion de l’équipement arrive à son terme. L’équipement, à cause des choix faits pour sa localisation et son eau salée, nécessite des réinvestissements continus et un entretien coûteux. La piscine est de plus située en première ligne de la zone submersible du TrezHir. Elle fait très probablement partie des bâtiments qui ne verront pas 2100. La question, que je suis sûr nous avons tous en tête, est : « qu’est-ce qu’on en fait ? ». Si la réponse était simple, je n’hésiterais pas à vous la donner. Ce qui nous semble raisonnable est que le conseil décide de rapidement consacrer un peu d’argent pour qu’un auditeur indépendant chiffre au moins 2 options : la remise en état avec la protection contre la montée des eaux ou la destruction de la piscine en tenant compte de la nécessité de la continuité du service public (enseignement de la natation et activités sportives aquatiques). Une fois les conclusions connues, soit une solution s’impose, soit par un choix fort le conseil s’engage de lui-même, soit jugeant que les citoyens ne se sont pas assez exprimés sur un tel sujet, il engage une consultation publique.

Nous aurions des choses à ajouter concernant l’orientation des budgets de Keraudy qui mériterait un effort à la hauteur de l’outil et du SPIC de Bertheaume qui a un potentiel méritant d’être développé. Mais je m’en tiendrai aux éléments exposés jusqu’ici puisque c’est bien là, qu’à notre sens, sont les événements majeurs de l’année 2023 et les enjeux de l’époque.

2 commentaires

  1. Lors de cette séance du conseil municipal, j’ai eu le sentiment d’un début de vrai débat suite à mon intervention, c’est-à-dire que les échanges ne se sont pas limités à discuter de tel montant ou de la lecture des indicateurs financiers de la commune.

    Alors que j’avais axé mon intervention sur les pistes et les enjeux d’avenir, j’ai été un peu surpris de certaines réactions défensives quelque peu à côté du sujet. Par exemple la partie concernant « les actions contribuant aux objectifs partagés des territoires voisins avec lesquels existe une interdépendance et une communauté de destin comme la gestion de l’eau » n’avait strictement rien à voir avec la pelouse synthétique du stade ! Et le fait de mettre un récupérateur d’eau pour que les particules de plastique ne se retrouvent pas dans les choux du champ voisin n’est pas ce qu’on peut appeler une action de protection de l’environnement : c’est juste une action qui essaie de dépolluer les rejets d’un équipement qui avait toutes les raisons de ne pas être acheté…

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