(5) Baignades en eaux troubles, une saison en Pays d’Iroise.

bain de mer

Date : 21/07/2022

Sujet :

Voici le cinquième épisode du feuilleton de l’été publié par le collectif citoyens d’Iroise.

En qualité de membre du collectif des Citoyens d’Iroise, je relaie ici un travail collectif qui sera publié sous forme de feuilleton.

Résumé des épisodes précédents : certaines plages d’Iroise sont fermées préventivement avant chaque épisode de pluies importantes, dans la plus grande discrétion, et en raison d’importantes pollutions bactériennes. Tandis que nos élus majoritaires à la CCPI restent flous sur les causes de ces pollutions et font semblant de chercher, celles-ci sont désormais installées, réelles, massives et récurrentes. Pourtant, si on regarde du côté des élevages intensifs et des épandages qui en découlent, les causes sont assez facilement identifiables…

Une réglementation bien faite destinée à protéger les baigneurs des pollutions ?

Pour comprendre comment nos « magiciens » s’arrangent avec le classement réglementaire des baignades, il est bon de connaître la règle du jeu.

Comme souvent en matière d’environnement, c’est de l’Europe que vient la législation qui permet de garantir la qualité des « eaux de baignade » afin de protéger la santé des baigneurs.

En l’occurrence, c’est une directive européenne (directive 2006/7/CE) qui oblige les États membres de l’UE d’une part à surveiller cette qualité et d’autre part, si celle-ci est mauvaise, à prendre des mesures pour réduire les pollutions.

 

analyse de l'eau

Rien de bien compliqué sur le principe.

Le point de départ de tout cela c’est la surveillance de la qualité de l’eau et le classement qui en découle :

  • La qualité est définie à partir de mesures d’éléments pathogènes dans l’eau
  • Si le classement est « excellent », c’est parfait, pas besoin de mesures  spécifiques, il faut juste maintenir cette qualité.
  • Si au contraire le classement est mauvais ou moyen, il est important de prendre des mesures pour trouver les causes des pollutions et les supprimer, ou au moins les réduire.

⇨ C’est donc le classement qui est le nœud de l’affaire : s’il est bon, c’est un argument touristique pour la commune et c’est un bon point pour la France qui dans le cas contraire risquerait des sanctions qui pourraient parfois s’avérer sévères.

Pour encadrer ce classement, éviter que chaque pays édite ses propres règles et permettre la comparaison entre les divers pays européens, la directive définit très précisément la manière de surveiller les eaux de baignade et la manière de calculer le classement à partir de ces données de surveillance :

  • Pendant la « saison de baignade », soit en Iroise du 15 juin au 15 septembre, on doit prélever sur chaque plage, à des dates choisies au hasard (pour éviter la triche…) des échantillons d’eau (eau de mer ou eau douce, suivant la baignade) et déterminer les concentrations de deux types de bactéries très caractéristiques des pollutions des plages : « Escherichia coli » une bactérie extrêmement répandue et les « entérocoques fécaux » qui sont comme leur nom l’indique des pollutions d’origine fécale (humaine ou animale).
  • Si ces deux « bactéries témoins » sont absentes on est quasiment sûrs qu’il n’y pas de pollution microbiologique. Si elles sont présentes en quantité notable, elles révèlent l’existence d’une pollution fécale certaine, et sont alors probablement accompagnées d’autres germes, bactéries ou virus parfois beaucoup plus dangereux que les bactéries « témoin » analysées.
  • En fin de saison, à partir de ces analyses (année N) et de celles réalisées pendant les trois saisons précédentes (N-1, N-2, N- 3), on calcule le classement de la plage. La formule de calcul (une moyenne améliorée) est très rigoureusement fixée par la directive, et facile à calculer : impossible de se tromper. Ce calcul statistique est sensible aux valeurs élevées (pollutions), qui ont une influence importante sur le classement.

⇨ Derrière une présentation technique et un peu aride, le principe est enfantin et compréhensible par tous ceux qui ont été à l’école : on fait un certain nombre de contrôles surprises et on calcule la moyenne… On peut ainsi identifier les bons élèves (qui n’ont que de très bonnes notes) et les autres.

Site baignades.gouv.fr
Copie écran du site baignades.gouv.fr faite le 21 juillet 2022 (les tests ont été faits par l'ARS le lundi 18/07 jour de la canicule)
Test ARS
Copie écran du site baignades.gouv.fr faite le 21 juillet 2022 : la présence d'E.Coli dépasse de 70% la valeur d'une eau considérée comme sanitairement mauvaise !

Prochain épisode

Impossible de se tromper… mais pas impossible de ruser comme on va le voir dans les épisodes suivants !

 

bandeau citoyens iroises
Pour marque-pages : Permaliens.

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