Lettre à mes petits-enfants sur le désir de votre avenir
Lettre à mes petits-enfants sur le désir de votre avenir

Lettre à mes petits-enfants sur le désir de votre avenir

Lettre à mes petits-enfants sur le désir de votre avenir.

grand-père

Résumé

La crise démographique n’est pas seulement une affaire de statistiques, de logement ou de pouvoir d’achat. Elle révèle une question plus profonde : voulons-nous encore transmettre un monde à nos enfants ? 

Face aux défis de l’énergie, du climat, de la divergence anthropologique et du vieillissement, notre civilisation ne survivra pas seulement par des solutions techniques. 

Elle survivra si elle retrouve une culture commune, une confiance et un désir d’avenir assez forts pour rendre l’enfant à nouveau désirable.

Introduction

Si vous, mes petits enfants et les enfants de votre génération lisez ce texte c’est peut-être que j’aurai réussi à un peu contribuer à ma manière à rendre votre avenir possible. C’est que par moi ou tant d’autres, d’une façon ou d’une autre il aura été possible d’infléchir la trajectoire de la société de mon époque, que nous avons finalement eu le courage d’affronter la réalité de notre temps et de croire assez en l’avenir pour que vous arriviez en ce monde.

J’espère par ce texte aider mes contemporains à rendre votre avenir possible. Il a été inspiré par des paroles venues d’un peuple amérindien ayant vaincu l’apocalypse, une sorte de conte pour enfants qui fait peur mais qui peut finir bien.

Les quatre défis civilisationnels : énergie, climat, divergence anthropologique, démographie.

Ce texte aurait dû être le premier des quatre sur les défis civilisationnels mortels qui s’opposent à nous. Les aléas de l’actualité d’une encyclique papale en a décidé autrement, de façon facétieuse et ironique. Mon premier texte a été consacré à la divergence anthropologique (Magnifica humanitas, l’encyclique qui révèle le défi de la divergence anthropologique) et donc d’une certaine façon à la fin d’homo sapiens sapiens alors que celui-ci traite de la démographie et donc de la transmission du souffle vital de notre civilisation. Les quatre défis civilisationnels qui s’imposent à nous sont les suivants :

  • La transition énergétique qui pose la question de la base matérielle : avec quelles ressources, quelle densité énergétique, quelle organisation productive une société peut-elle continuer ? La fin indispensable des énergies carbonées peut-elle être réalisée à temps pour éviter que nos sociétés ne s’effondrent sur elles-même.

  • Le changement climatique pose la question de l’habitabilité : dans quel monde physique sommes nous en train de nous installer et quel sera celui où vivront les générations suivantes ?

  • La divergence anthropologique pose la question de l’humain lui-même : que deviendront nos corps, nos esprits, les groupes sociaux, le travail, la connaissance et la liberté dans un monde transformé par la technique, l’IA, la biologie, la surveillance et l’économie de l’attention ?

  • Enfin, le défi démographique est révélé par les alertes internationales sur une évolution inattendue et à la baisse de la population planétaire.

La démographie comme défi de continuité : sans générations futures, aucune transition n’a de sujet.

La démographie pose elle la question la plus radicale : y aura-t-il encore des générations pour recevoir, transformer et transmettre ce monde ?

Il n’y a guère de sens à essayer de résoudre les autres problèmes si nous ne résolvons pas très rapidement celui du plongeon démographique dans lequel toute l’humanité semble entraînée, et qui semble encore plus marqué dans les sociétés riches les plus avancées technologiquement.

Une société qui ne veut plus transmettre perd sa capacité de traverser toute épreuve quelle qu’elle soit, a fortiori quatre défis civilisationnels.

Les données du problème

déficit de naissancesLes constats et projections démographiques relèvent un fait très nouveau : partout sur la planète la démographie semble se diriger vers une crise avec une baisse nette de la population qui a parfois déjà commencé.

En Europe et en particulier en France, la tendance d’abord hésitante apparaît clairement avec pour la première fois en France un solde négatif en 2025.

Selon l’ONU, la fécondité mondiale est passée d’environ 3,31 enfants par femme en 1990 à 2,25 aujourd’hui, et plus de la moitié des pays et territoires sont désormais sous le seuil de remplacement. L’ONU projette aussi que la fécondité mondiale pourrait atteindre le niveau de remplacement autour de 2050, puis descendre vers 1,8 enfant par femme à plus long terme.

Pour ce qui est de la France qui compte désormais plus de décès que de naissances, les situations régionales sont très différenciées, avec l’Île-de-France, la Guyane et La Réunion encore positives, et plusieurs régions vieillissantes déjà déficitaires.

Au niveau actuel de fécondité, les données régionales françaises suggèrent que la France semble atteindre un point de bascule structurel : lorsque la proportion de femmes majeures en âge de procréer tombe sous un ordre de grandeur d’environ 20 % de la population régionale, le solde naturel tend à devenir négatif. Ce seuil n’est pas une loi biologique ; c’est un seuil empirique produit par la combinaison d’une basse fécondité, d’un vieillissement avancé et d’une pyramide des âges défavorable.

Des raisons structurelles, mais pas que

La mécanique démographique fixe le terrain, elle est globalement subie ; le désir d’enfant décide si la société peut le corriger, c’est ou non notre choix.

Il existe des éléments structurels et des contraintes spécifiques à notre époque qui expliquent quelques unes des raisons du plongeon démographique auquel nous assistons. Mais de telles raisons ont déjà existé dans notre Histoire sans avoir les mêmes répercussions.

Je défends ici la thèse que la crise démographique mondiale, le désir d’enfant, n’est pas seulement une crise du revenu ou du logement ou de conditions matérielles ; c’est une crise de la transmission dans des sociétés où l’individu est devenu l’unité centrale de décision. Notre civilisation pourrait s’effondrer parce que nous sommes en train de le décider, non par décision explicite, mais par l’addition de décisions individuelles et collectives qui hypothèquent gravement la transmission.

La liste des raisons pourraient être résumée ainsi :

  • niveau matériel : coût de l’enfant, logement, emploi, urbanisation ;

  • niveau institutionnel : mariage, religion, famille élargie, politiques publiques ;

  • niveau anthropologique : rapport au temps, à la transmission, au risque, à l’avenir, à l’irréversibilité.

Les limitations volontaires à une échelle notable de naissances en France peuvent être situées dès le XVIIIème siècle.

Le précédent marquant le plus proche est cependant la première transition de fécondité européenne, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Le Princeton European Fertility Project a précisément étudié cette baisse massive de la fécondité en Europe : les couples commencent à limiter volontairement les naissances, d’abord dans certaines régions, puis par diffusion sociale et culturelle. C’est le premier grand moment où la fécondité baisse dans plusieurs pays européens parce que les familles veulent moins d’enfants, et non seulement parce que la mortalité, la guerre ou la famine frappent (https://www.jstor.org/stable/j.ctt1m3nxd3)

Le deuxième précédent conceptuel est la seconde transition démographique, théorisée notamment par Lesthaeghe et van de Kaa. Elle décrit depuis les années 1960-1970 la baisse durable sous le seuil de remplacement, le report de l’union et de la parentalité, la diversification des formes familiales, la montée de l’autonomie individuelle et de l’auto-réalisation. L’élément notable ici est que ce n’est pas seulement économique ou conjoncturel : c’est un choix qui parle de valeurs, de normes, de couple, de sens donné à la famille. (https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5548437/)

Pour la première fois dans notre civilisation, la culture évolue vers un monde où l’enfant n’est plus considéré comme indispensable.

Les éléments objectifs du refus de l’enfant : les contraintes modernes

Le refus d’avoir des enfants ne doit pas être vu uniquement comme le fruit d’un égoïsme. Ce serait un peu court.

1. Transition du coût de l’enfant

Dans les sociétés agraires ou faiblement industrialisées, l’enfant peut contribuer tôt à l’économie familiale. Dans les sociétés modernes, il devient principalement un coût long : logement, études, soins, temps parental, charge mentale. La rationalité économique familiale change.

2. Allongement de la formation et entrée tardive dans la stabilité

Études longues et coûteuses, insertion professionnelle plus incertaine, couple stable plus tardif, premier logement plus tardif. Même avec un désir d’enfant inchangé, le calendrier se décale, puis une partie des naissances différées ne se réalise pas faute de disponibilité ou d’argent.

3. Individualisation des trajectoires de vie

La famille nombreuse cesse d’être le destin social normal. L’imaginaire autour de la vie idéale a (été) changé. Le couple, la carrière, la mobilité, la réalisation personnelle, les loisirs, la liberté individuelle deviennent des concurrents légitimes du projet parental même lorsque ces nouveaux idéaux sont sources de nouvelles souffrances (burn out, solitude). Le Loup de Wall Street et Le Diable habillé en Prada s’imposent sans questionner la rationalité.

4. Transformation du statut des femmes

Accès massif des femmes à l’éducation (les femmes sont majoritaires à passer le baccalauréat depuis 1968), au salariat qualifié, à l’autonomie financière et au contrôle de la reproduction. C’est l’un des facteurs les plus robustes au niveau mondial, mais il ne signifie pas mécaniquement refus de l’enfant : il signifie arbitrage plus coûteux entre maternité, carrière, autonomie et couple.

5. Dissociation sexualité / mariage / procréation

Contraception, sexualité non reproductive, recul du mariage normatif, instabilité conjugale, recompositions. Le lien institutionnel entre sexualité, union durable et enfant s’affaiblit. Le mariage a perdu une partie de sa fonction institutionnelle de transmission, au profit d’une fonction davantage affective, patrimoniale ou contractuelle. Cela n’a pas renversé la donne en matière de la diminution du désir d’enfants

6. Urbanisation

La ville réduit l’utilité économique de l’enfant et augmente son coût : logement plus petit, coût foncier, éloignement familial, faible entraide intergénérationnelle, concurrence professionnelle, temps contraint. La majorité des quartiers ont été conçus pour boulot – métro – dodo, pas pour prendre le temps d’élever un enfant.

7. Insécurité économique subjective

Même quand le niveau de vie est élevé historiquement, le sentiment d’instabilité peut augmenter : précarité professionnelle, coût du logement, peur du déclassement, dette d’études dans certains pays, incertitude sur l’avenir. C’est d’ailleurs un paradoxe de constater que la classe moyenne ayant l’espoir de s’enrichir aura plus tendance à freiner son désir d’enfant que les classes plus pauvres.

8. Affaiblissement des cadres religieux et traditionnels

Dans beaucoup de sociétés, les normes religieuses et communautaires, ou plus largement spirituelles, encadraient fortement le mariage, la fécondité et la transmission. Leur affaiblissement ne produit pas partout les mêmes effets, mais il réduit la pression sociale à avoir plusieurs enfants.

La République est également défaillante sur le sujet. L’enfant est pourtant sa justification principale pour s’intéresser au couple : elle a besoin de futurs citoyens.

9. Crise du couple durable

Le recul de la stabilité conjugale est central. Beaucoup de personnes ne refusent pas l’enfant en soi ; elles ne trouvent pas, ou ne stabilisent pas, le cadre relationnel jugé acceptable pour en avoir.

10. Mutation anthropologique du temps

L’enfant suppose un engagement long, irréversible, peu compatible avec une culture de flexibilité, de consommation de l’instant, d’optimisation, de mobilité et de réversibilité des choix. C’est peut-être une explication profonde, mais difficile à mesurer.

11. La singularité du cas coréen

La Corée du Sud montre qu’une culture ancienne, millénaire, structurée et fortement consciente d’elle-même ne suffit pas à préserver le désir d’enfant. Lorsqu’elle se combine à l’hypermodernité économique, à la compétition scolaire, au coût du logement, aux longues heures de travail et à une répartition sexuée des charges devenue difficilement acceptable, cette culture ne protège plus nécessairement la transmission.

La culture continue d’exister, mais elle peut cesser de rendre l’enfant léger, naturel ou désirable. Elle peut au contraire le transformer en projet presque impossible à réussir. L’injonction au succès individuel, la compétition scolaire et sociale exacerbée, la peur de l’échec familial peuvent devenir un piège mortel pour la démographie.

La France n’est pas aujourd’hui dans une situation comparable à celle de la Corée du Sud. Mais l’ombre de la divergence anthropologique n’est pas très loin : une société qui transforme l’enfant en projet de performance, de sélection et d’optimisation finit par décourager ceux-là mêmes qui auraient voulu transmettre.

Il ne suffit donc pas d’avoir quelque chose à transmettre. Encore faut-il que cette transmission ne soit pas devenue si lourde, si anxieuse et si sélective qu’elle dissuade les individus de la porter.

En synthèse : contraintes modernes et choix culturels

Le monde moderne contraint les individus et impacte négativement le désir d’enfant :

  1. Économie du logement défavorable aux familles.

  2. Organisation du travail peu compatible avec la parentalité.

  3. Allongement du calendrier d’accès à la stabilité.

  4. Insuffisance des infrastructures concrètes de parentalité.

  5. Marché structurant les temps de vie.

  6. Technologies de l’attention et fragilisation du couple.

  7. Imaginaire public anxiogène lié au monde contemporain.

enfant compliquéMême lorsqu’un désir d’enfant existe, le monde matériel rend son accomplissement plus difficile, plus tardif, plus risqué. Pour réussir à gagner le défi démographique, il est nécessaire d’avoir des politiques publiques qui adressent avec force ces contraintes. C’est nécessaire, ce ne peut pas être suffisant.

Il existe une autre série d’arguments, plus personnels, issus de notre construction culturelle et philosophique :

  1. Modèle de réussite centré sur l’individu autonome.

  2. Culture de la réversibilité (le changement comme mode de vie).

  3. Consommation expérientielle et jeunesse prolongée.

  4. Affaiblissement des institutions de transmission.

  5. Parentalité intensive et sur-responsabilisation des parents.

  6. Famille traitée comme affaire privée et non comme un acteur nécessaire à la société.

  7. Confusion entre égalité, indifférenciation et complémentarité fonctionnelle.

Cette seconde liste n’est pas tout à fait une liste de contraintes, c’est plutôt une liste de choix contraints que nous nous imposons collectivement mais que nous acceptons individuellement. Le nœud de la crise démographique est que nous sommes en train de nous convaincre socialement que nous devons renoncer à transmettre ce qui fait notre civilisation. C’est un choix. Un choix que je choisis de combattre.

Survivre à l’apocalypse suppose d’avoir quelque chose à transmettre

Pourquoi je veux qu’un jour mes petits-enfants, et leurs enfants, puissent lire ce texte ?

Il y a quelques temps, j’ai regardé un reportage d’Arte sur ces personnes qui refusaient d’avoir un jour un enfant. Parmi tous les témoignages on retrouvait certains des points que j’ai énoncé plus haut. Certains étaient totalement dans un « choix d’autonomie personnelle radicale » et de donner la priorité à l’expérience individuelle, d’autres plus nombreux renonçaient non pas par opposition frontale mais à cause, en substance, « des vents contraires trop forts ».

quelque chose à transmettreMais j’ai surtout retenu un témoignage qui me semble fournir la clé de notre survie civilisationnelle. Une jeune amérindienne racontait qu’elle était parfaitement consciente des menaces existentielles de notre époque. Et que son peuple avait déjà connu l’apocalypse dans son Histoire. Si aujourd’hui elle refusait de céder à la crainte de l’avenir, si elle conservait son désir d’enfant, c’est parce qu’elle savait qu’un peuple qui a quelque chose à transmettre, une Histoire, une culture, un espoir peut effectivement affronter l’apocalypse, y survivre et continuer son chemin. Et il n’y a qu’une façon de réussir cela : c’est grâce à nos enfants et aux générations futures.

Le nœud de notre problème civilisationnel me semble bien là : qu’avons-nous à transmettre ? Nos selfies ? Notre carrière dans des sociétés qui disparaîtront peut-être avant nous ? Nos bons du trésor pour payer la retraite que les enfants que nous n’avons pas eu ne peuvent pas payer ?

Tout cela semble si vain, si vide de sens et de substance.

Nos livres et nos chansons sont écrits par les machines. Cela peut être autrement.

Nos couples en CDD sont décidés par le profilage des algorithmes pour « plus de sûreté », nous déchargeant ainsi de la conquête mais pas du risque de la défaite.

Aimer c’est naviguer sur un océan de risques et de tempêtes. L’enfant est le prolongement de cet amour, de ce saut dans l’inconnu, sur un chemin qui se construit avec ses doutes, ses failles, ses difficultés, ses réussites qui n’appartiennent qu’à nous.

C’est tout cela qui construit notre Histoire personnelle à transmettre.

C’est la somme de ces Histoires qui construit une société.

Retrouver une identité commune, une culture, un espoir collectif pour rendre l’enfant à nouveau désirable

La question démographique n’est pas un simple sujet statistique. Elle est la porte ouverte sur l’essence de notre civilisation et des individus qui la composent. Elle n’indique pas seulement que nous faisons moins d’enfants. Elle révèle que nous avons rendu moins évident le fait d’en vouloir. Or aucune civilisation ne traverse durablement les épreuves si elle ne croit plus qu’un monde mérite d’être transmis.

L’enfant n’est pas la seule manière de donner sens à une vie, mais il est la manière par laquelle une famille, un peuple, une civilisation acceptent de ne pas en finir avec elle-même.

Il ne tient qu’à nous de nous donner la possibilité de gagner, même face à l’apocalypse. Nous avons besoin de nos enfants, autant par amour que par désir d’avenir.

Pour aller plus loin

Données démographiques et fécondité

  • ONU, World Fertility 2024, Department of Economic and Social Affairs, Population Division, 2025. Rapport de référence sur la baisse mondiale de la fécondité, les projections de fécondité et la progression du nombre de pays sous le seuil de remplacement.
  • ONU, World Population Prospects 2024, Department of Economic and Social Affairs, Population Division, 2024. Source internationale de référence pour les projections de population mondiale, les trajectoires de fécondité, de mortalité et de vieillissement.
  • Insee, Bilan démographique 2025, Insee Première, 2026. Source de référence pour le basculement du solde naturel français en 2025, avec 645 000 naissances et 651 000 décès.
  • INED, Milan Bouchet-Valat et Laurent Toulemon, « Les Français·es veulent moins d’enfants », Population & Sociétés, n° 635, juillet-août 2025. Étude centrale sur la baisse du nombre d’enfants souhaités en France, notamment chez les moins de 30 ans.
  • OCDE, Society at a Glance 2024: OECD Social Indicators, 2024. Rapport comparatif sur la baisse de la fécondité dans les pays développés, ses causes économiques, sociales et institutionnelles, et les limites des politiques publiques.

Cadres théoriques en démographie

  • Ansley J. Coale et Susan Cotts Watkins, The Decline of Fertility in Europe, Princeton University Press, 1986. Ouvrage de synthèse du Princeton European Fertility Project, utile pour comprendre la première grande transition de fécondité en Europe.
  • Ron Lesthaeghe et Dirk van de Kaa, travaux sur la seconde transition démographique. Cadre théorique majeur pour analyser le report du mariage et de la parentalité, la baisse durable sous le seuil de remplacement, l’individualisation et la transformation des normes familiales.
  • John C. Caldwell, Theory of Fertility Decline, Academic Press, 1982. Référence classique sur la théorie des flux de richesse intergénérationnels et la transformation du rôle économique de l’enfant.
  • Gary S. Becker, A Treatise on the Family, Harvard University Press, 1981. Référence économique classique sur la famille, le coût de l’enfant, l’allocation du temps, le mariage et les arbitrages familiaux.
  • Peter McDonald, « Gender Equity in Theories of Fertility Transition », Population and Development Review, vol. 26, n° 3, 2000. Article de référence sur le lien entre fécondité basse, statut des femmes, institutions familiales et incohérences entre égalité publique et organisation privée de la parentalité.

Famille, enfant et transmission

  • Philippe Ariès, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Plon, 1960. Référence classique, discutée mais incontournable, sur l’histoire culturelle de l’enfance et de la famille.
  • François de Singly, Sociologie de la famille contemporaine, Armand Colin, plusieurs éditions. Référence française utile pour analyser l’individualisation de la famille et la transformation du couple.
  • Irène Théry, Couple, filiation et parenté aujourd’hui, Odile Jacob, 1998. Référence importante sur les transformations contemporaines de la filiation, du couple et des structures de parenté.
  • Robert D. Putnam, Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community, Simon & Schuster, 2000. Référence sur l’affaiblissement du capital social, des liens communautaires et des formes d’engagement collectif.

Contraintes modernes, travail, logement et politiques familiales

  • OCDE, Society at a Glance 2024: OECD Social Indicators, 2024. À mobiliser aussi pour les dimensions travail, coût de l’enfant, parentalité tardive et contraintes économiques pesant sur la fécondité.
  • France Stratégie, rapports sur les politiques familiales, les jeunes adultes, le logement et les transitions de vie. Source institutionnelle utile pour relier fécondité, logement, insertion professionnelle et trajectoires familiales.
  • Insee, travaux sur l’âge à la maternité, les naissances, les mariages, les séparations et les structures familiales. Source statistique française de base pour documenter les transformations du calendrier familial.

Énergie, climat, divergence anthropologique et technique

  • GIEC, Climate Change 2023: Synthesis Report, Sixth Assessment Report, 2023. Référence internationale principale sur le changement climatique, ses risques, ses impacts et les réponses d’atténuation et d’adaptation.
  • Agence internationale de l’énergie, World Energy Outlook 2024. Rapport de référence sur les tendances énergétiques mondiales, la demande d’énergie, la transition énergétique, les énergies fossiles, l’électricité et les risques de sécurité énergétique.
  • UNESCO, Recommendation on the Ethics of Artificial Intelligence, 2021. Première norme mondiale adoptée par les États membres de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle, utile pour documenter le défi de la divergence anthropologique.
  • Sherry Turkle, Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other, Basic Books, 2011. Ouvrage de référence sur les effets relationnels et psychologiques de la technologie numérique.
  • Jonathan Haidt, The Anxious Generation, Penguin Press, 2024. Ouvrage récent, discuté mais important dans le débat public, sur les effets possibles des smartphones et des réseaux sociaux sur la jeunesse, l’attention et la santé mentale.

Références cinématographiques évoquées

  • Martin Scorsese, Le Loup de Wall Street, 2013. Film utile comme symbole critique de la réussite individuelle fondée sur l’argent, l’intensité, la consommation, la transgression et l’ivresse de soi.
  • David Frankel, Le Diable s’habille en Prada, 2006. Film utile comme représentation populaire d’un imaginaire de réussite professionnelle dans lequel carrière, statut, disponibilité totale et sacrifice de la vie personnelle deviennent des normes implicites.

Référence documentaire évoquée

  • Therese Shechter, Des enfants ? Non merci !, titre original My So-Called Selfish Life, 2022. Documentaire diffusé par ARTE sur le choix de ne pas avoir d’enfant, utile comme point d’entrée narratif sur le renoncement contemporain à la parentalité et sur les tensions entre autonomie individuelle, avenir et transmission.

 

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