Conférence Image, Imprimerie, Internet

Près de 2h de conférence pour amener le public a mieux comprendre la révolution numérique et à se poser les bonnes questions sur ce nouveau monde qui se construit.

L’article (très synthétique) du Télégramme.

Philippe-Ris-Conf-2015-01

Image, Imprimerie, Internet, Enquête à travers le temps sur les outils qui ont changé l’Homme.

Image, Imprimerie, Internet,
Enquête à travers le temps sur les outils qui ont changé l’Homme.

image-imprimerie-internet
Rien ne distinguerait la rencontre d’un homo sapiens né il y a plus de 200.000 ans avec un Homme d’aujourd’hui, et d’une rencontre entre vous et moi.

Pourtant homo sapiens qui s’exprimait avec l’art pariétal est très différent de celui qui a pour la première fois écrit l’Epopée de Guilgamesh et encore plus de celui qui a appris à surfer avec Google.

jeudi-plair-philippe-ris-225x300Sous la forme d’un enquête policière, Les Jeudis de Plair vous proposent une enquête à travers le temps pour comprendre comment trois armes en apparence bien innocentes, l’image, l’écriture et l’internet, sont au cœur des cataclysmes qui ont changé à jamais l’homme pré-historique puis l’homme pré-numérique.

À travers ce survol historique, l’ambition finale de cette conférence est de mieux faire comprendre la nature et l’ampleur des changements induits par la numérisation de notre monde.

Le conférencier, Philippe RIS, Docteur es Sciences informatiques, a fondé en 2009 une société de conseil en stratégie numérique, Auris Solutions, qu’il dirige toujours. Sa vision à la fois scientifique, philosophique et économique éclaire d’un jour particulier l’incroyable rupture de notre époque.

La conférence aura lieu à la salle hippocampe (office du tourisme de Plougonvelin) le jeudi 29 janvier 2015 à 18h30 :

Moi Citoyen !

Le changement c’était maintenant

Climat, énergie, société, numérique, tout autour de nous change à une vitesse inédite. Pourtant, l’organisation politique de notre pays n’arrive pas à suivre ces changements et encore moins à les anticiper alors que l’attente des citoyens est plus que forte.

Mon propos n’est pas ici de faire un procès trop facile à la classe politique. Bons ou mauvais, nous les avons élus, que ce soit par conviction ou par défaut. Je ne veux donc pas parler de ce qu’ils n’ont pas fait, su faire ou voulu faire, mais bien de ce que nous, citoyens allons faire.

Pourquoi maintenant ?

Qu’est-ce qu’il y a de particulier aujourd’hui qui nous oblige impérieusement à l’action ?Principalement les circonstances qui condamnent le statu quo .

  • Si nous n’agissons pas pour contenir l’augmentation de la température de notre climat, les tempêtes ravageront encore et encore nos côtes et nos villes comme cet hiver et généreront bien d’autres maux.

  • Si nous n’agissons pas pour accélérer la transition énergétique, les coûts de déplacement, de chauffage et de production deviendront inabordables pour les plus faibles.

  • Si nous ne réorganisons pas les équilibres au sein de notre société, les individualistes et les corporatismes finiront par la mettre à terre.

  • Si nous n’accompagnons pas la rupture numérique, nos concitoyens vont se trouver en grande détresse dans un monde devenu incompréhensible.

Nous n’avons donc pas d’autres choix que de changer la société et à l’évidence, l’organisation actuelle de notre République ne permet pas de répondre à l’urgence et à l’ampleur de la tâche.

Il ne s’agit pas de condamner le personnel politique, mais bien d’acter de l’impuissance structurelle de notre organisation politique.

Où cibler le changement ?

Nous disposons de quatre leviers pour agir :

  • le pouvoir législatif

  • le pouvoir judiciaire

  • le pouvoir exécutif

  • et le pouvoir médiatique

Depuis la révolution internet, le pouvoir médiatique est déjà largement passé entre les mains des citoyens. La transition n’est sans doute pas encore totalement achevée, mais ce n’est pas là où il y a une absolue nécessité à engager nos forces.

Les pouvoirs législatifs & judiciaires demandent à la fois du temps, du recul, des compétences, de la concertation et de la rationalité qu’un citoyen moyen peut difficilement garantir. Ce n’est donc pas là non plus que nous pouvons espérer à court terme changer les choses.

Reste donc le pouvoir exécutif, et c’est justement là que peuvent se rencontrer les possibilités offertes par ce nouveau monde en construction et la volonté d’agir de chaque citoyen.

L’objectif n’est donc plus de choisir ceux qui vont changer le monde pour nous, mais bien de s’organiser pour changer nous-même le monde proche de nous. Nous devons nous donner les moyens d’être des pouvoirs exécutifs locaux d’un nouveau genre.

Comment ?

L’ère de la société numérique qui s’ouvre nous offre tous les outils qui manquaient jusqu’à présent :

  • moyens universels et quasi gratuits d’information et d’échanges

  • moyens de co-construction (élaboration et production collective)

  • moyens de financement participatif

  • moyens de contrôle

  • moyens de choix / vote

Au-delà des outils, notre société est suffisamment riche pour que des personnes puissent prendre sur le temps pour accompagner et mener des projets d’intérêt collectif.

Les citoyens que nous sommes ont donc les moyens d’agir sur des projets décidés localement en commun. Ceci était plus difficile dans l’ancien monde ce qui justifiait alors l’organisation politique que nous jugeons aujourd’hui défaillante.

L’idée directrice est de créer des structures d’échanges destinées à regrouper les citoyens décidés à s’engager localement dans l’action, de collecter les projets d’action, de vérifier leur faisabilité, de décider quels projets mener et naturellement de les mettre en œuvre.

Quoi par exemple ?

Il suffit de regarder autour de soi pour trouver mille initiatives qui ne demandent qu’à être organisées et déployées localement :

  • organisation de circuits économiques courts

  • organisation de la vie de quartier (surveillance des enfants, tranquillité de voisinage, partage de biens, …)

  • utilisation des espaces publiques pour planter des espèces végétales consommables, partages de jardin

  • rénovation de biens collectifs et/ou historiques

  • mobilisation pour l’entraide & l’action sociale

  • co-partage (voiture, habitat, …)

Agir c’est maintenant !

La possibilité d’agir localement (seul ou par association) n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau ce sont les outils qui démultiplient à un niveau inédit notre puissance d’action.

Je veux tenir le pari qu’il est possible de transférer une large partie du pouvoir exécutif local aux citoyens eux-même sans passer par le mécanisme de démocratie participative qui semble unanimement condamné car impuissant à résoudre les défis périlleux qui nous font face.

Moi citoyen, je veux être l’acteur du changement, je veux être celui qui agit pour faire changer les choses qui dépendent de l’action locale. La nécessité est présente. Les outils sont là. Combien d’entre-nous auront la force et le courage de passer à l’action ?

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Interview lors de la réunion  » Entreprises, métiers, collectivités : quelles adaptations face à la révolution numérique ? »

philippe-risLa réunion publique sur le numérique à laquelle j’ai participé il y a quelques semaines à donné lieu à une vidéo. Vous trouvez l’interview que j’y ai donné à la fin des interventions (à 3mn 51s sur la vidéo).

Merci au député J-L Bleunven d’avoir organisé cette soirée.

Entreprises, métiers, collectivités : quelles adaptations face à la révolution numérique ? from Jean-Luc Bleunven on Vimeo.

Tous les métiers sont touchés par la révolution numérique

Hasards de l’actualité, jamais mon livre « Tissons l’Iroise » n’aura aussi bien porté son nom avec l’exemple de révolution numérique présentée dans ce post : celui des métiers à tisser.

Pendant quelques millénaires, le tissage c’était cela :


Les évolutions du métier à tisser par PC67

Mais aujourd’hui, avec la révolution numérique c’est ceci :

Tous les métiers sont concernés. Le numérique apporte de la valeur ajoutée aux commerces de proximité, aux artisans & entrepreneur. Loin de la standardisation bas de gamme, cette révolution redonne également du sens.

Tissons l’Iroise : Préface par Jean-Luc Bleunven

Préface

jlb4La révolution silencieuse du numérique est en marche, mais nous n’avons pas encore pris la mesure des changements qu’elle implique dans notre vie professionnelle, dans notre modèle économique.

Cet ouvrage arrive à point nommé pour rendre visibles les problèmes que cette évolution rapide va soulever, et nous interroger sur la manière dont nous pouvons tisser ensemble nos pratiques de demain.

Sur ce sujet, d’une importance encore trop peu comprise, il est nécessaire de sensibiliser les élus, les chefs d’entreprises mais aussi tous les citoyens, et leur montrer, par des témoignages concrets, que l’adaptation est possible sereinement.

Cette mutation sociétale, que nous pourrons peut-être mesurer après qu’elle aura eu lieu, s’annonce difficile à appréhender parce qu’elle risque de bousculer ce que nous avons mis des siècles à construire : notre démocratie, notre enseignement, nos valeurs.

C’est une raison suffisante pour engager dès à présent ce chantier, d’une réalité instable parce qu’en évolution permanente et rapide. Les exemples proposés par Philippe Ris ont, dans ce cadre, une vocation pédagogique indéniable.
La valeur première que nous devrons développer, pour tirer profit de ce bouleversement, sera sans doute la capacité de mise en réseau de nos intelligences, seule capable de cerner le nouvel environnement qui apparaîtra derrière cette révolution, c’est-à-dire développer des aptitudes nouvelles à la réflexion et à l’action collective.

Pour que ce temps de mutation soit surtout un temps d’opportunités pour chacun d’entre nous, il est essentiel qu’une prise de conscience collective ait lieu, et je me réjouis de pouvoir travailler cette question avec les acteurs de notre territoire au grand complet.

 

Jean-Luc Bleunven
Député de la 3
e circonscription du Finistère

Tissons l’Iroise : introduction

PhRIS
Depuis 2005, je contribue sur Internet aux débats d’idées sur ce média. Au fil du temps et au gré des rencontres, j’ai pu traiter de beaucoup de « grands » thèmes, comme la famille, l’économie, ou de philosophie politique. J’ai parfois eu la satisfaction de voir ces sujets reparaître dans les textes ou au sein d’un programme politique.
Les idéologies et les projets politiques tracent des chemins à l’échelle nationale ou internationale, parfois régionale. Mais lorsqu’il s’agit de la vie de Madame ou Monsieur Tout-le-monde, lorsqu’il s’agit de la politique de la commune ou du quartier, ces grands sujets paraissent bien loin de la vie des citoyens.
Or notre monde change, il change rapidement et violemment. Les grandes visions doivent cette fois impérativement redescendre au niveau de la vie de tous les jours et les élus reprendre leur rôle de décideurs du changement.
Cet essai politique a pour ambition de tracer une déclinaison concrète de ces thèmes et, peut-être, inspirer et servir de support au combat des élus locaux ou candidats.
Comment aborder le problème énergétique lorsque l’on est en charge d’une commune ou d’une communauté de commune ?
Peut-on amortir le choc maintenant inévitable du changement climatique ?
Comment la démocratie locale peut-elle être revivifiée et le tissu humain resserré ?
Comment nos communes et nos cantons tireront-ils le meilleur parti de la révolution numérique en cours ?

Voilà les quatre défis qui ont guidé la réflexion de cet essai. Le numérique en est le fil conducteur. Il relie ces thématiques, il est l’élément qui nous touche le plus directement, qui transforme le plus rapidement notre quotidien. Cet ouvrage ne raconte pas ce qui pourra se passer un jour, mais décode les changements radicaux en cours.