La fin du travail ou pas ?

En France, l'emploi concerne environ 25 millions de personnes, dont les 3/4 travaillent pour le secteur tertiaire. Bien que la tendance soit à la baisse, 90% de ces emplois sont réalisés dans un cadre salarial.

À chaque évolution majeure se pose la question du ré-équilibrage entre emploi détruit et créé.

Jusqu'ici, toutes les politiques économiques ont cherché à lutter contre les variations du niveau d'emploi (donc du chômage) avec l'idée que le quasi plein emploi était une réalité atteignable. Et de fait, pendant très longtemps, les évolutions technologiques ou les aléas géopolitiques ont toujours pu être peu ou prou gérés de façon à re-créer ailleurs et différemment ce qui était détruit à un moment donné.

L'arrivée de l'économie numérique vers 2008 a introduit des règles économiques différentes et l'idée que nous allions peut-être vers une forme de "fin du travail". Et il est vrai que l'on a vu monter en puissance des activités d'une forme assez particulière, auto-gérée, collaborative ou autre. On a vu également émerger des sociétés de taille très modeste (entre autres en nombre d'emplois) s'attaquer à des bastions tenus par de très grosses sociétés. Mais il s'agissait jusqu'ici plutôt d'une opposition de modèles économiques plus que d'un mouvement général destructeur de l'emploi.

Puis est arrivé Watson. Watson est un programme d'intelligence artificielle créé par IBM. Au départ, il est connu pour avoir participé et gagné un jeu télévisé aux États-Unis (Jeopardy!) en 2011. La grande avancée de Watson tient dans sa capacité a interpréter les subtilités du langage humain. Cette capacité étant avérée, IBM a commencé à faire des déclinaisons de Watson dans les domaines médicaux ou de la finance.

Dernièrement, une version de Watson a été mise en œuvre dans le domaine de l'assurance : une société d'assurances japonaise, la Fukoku Mutual Life Insurance Co, lui a confié la tâche de traiter des dossiers de réclamations sur des contrats. Il s'agit là d'un travail administratif très courant dont il existe une multitude de versions dans tous les domaines. Pour la compagnie d'assurance, le coût de démarrage de Watson a été de 1.6 millions d'euros pour un coût annuel de 120.000€ (soit probablement le coût de 2 à 3 postes salariés). La productivité de l'intelligence artificielle est naturellement incomparablement supérieure à celle d'un salarié et finalement, la société a détruit 34 emplois avec cette évolution.

En clair, nous avons là un cas concret où le recours à une intelligence artificielle donne des résultats meilleurs qu'avec des salariés (moins d'erreurs, disponibilité 24h/24) pour un coût très inférieur. Et il ne s'agit pas de remplacer des salariés peu qualifiés, ou des travaux pénibles ou dangereux, mais bien des postes administratifs comme il en existe des millions en France (et partout dans le monde). Il n'est guère difficile d'extrapoler sur ce qui va se passer d'ici quelques années. Parce que Watson est numérique, son coût va probablement chuter très rapidement et il va pouvoir être décliné sur d'autres tâches administratives types. Il sera impossible aux entreprises de ne pas recourir à ce genre d'IA sous peine d'être complétement dépassées par les concurrents en matière de compétitivité des fonctions supports (a minima). Par ailleurs, il est de l'intérêt des clients d'avoir le niveau de qualité offert par des solutions numériques comme Watson.

Alors oui, nous sommes clairement, non pas à l'époque de la fin du travail, mais de la fin des capacités humaines à réaliser des travaux (ici administratifs) mieux qu'un programme d'Intelligence Artificielle. Des millions d'emplois administratifs (et d'encadrement qui en découlent) vont être supprimés dans les années à venir.

Il est impératif d'adapter nos modèles pour ré-équilibrer et redistribuer la richesse créée par les machines au profit global d'une société qui doit être redéfinie. Voici qui devrait inspirer fortement les candidats de notre élection présidentielle.

e-book « Les lunettes de l’économie numérique »

 
Les Lunettes de l'économie numérique

 
Prix : 2,00€ (HT) pour la version électronique
 
Philippe Ris est docteur en informatique, intervenant à l’école supérieure de commerce Brest Busines School, fondateur et dirigeant de la société de stratégie numérique Auris Solutions, cofondateur et codirigant de la startup Free Syndic. «Les lunettes de l’économie numérique» sont le résultat de son parcours et de ses expériences professionnelles : recherche, enseignement, création d’entreprises, gestion économique quotidienne, conseil auprès des équipes dirigeantes, ... L’objet de cet ouvrage est de donner un décodage simple de l’économie numérique dont un certain nombre de règles sous-jacentes sont radicalement différentes des règles de l’économie classique. Après l’avoir lu, votre vision de la nouvelle économie sera plus claire et vous serez en mesure de vous... Plus >
 
Le livre est également édité en version papier.

 

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ISBN 9781326614652
Édition Première édition
Publié 1 avril 2016
Langue Français
Format du fichier ePub
Taille du fichier 1.03 Mo

Formats pour cet eBook

Logiciel requis : N'importe quel lecteur ePub
Appareils compatibles : Windows PC/PocketPC, Mac OS, Linux OS, Apple iPhone/iPod Touch... (En voir plus)
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Le livre « Les lunettes de l’économie numérique »

Les Lunettes de l'économie numérique

 
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«Les lunettes de l’économie numérique» sont le résultat du parcours de l'auteur et de ses expériences professionnelles : recherche, enseignement, création d’entreprises, gestion économique quotidienne, conseil auprès des équipes dirigeantes, ...
L’objet de cet ouvrage est de donner un décodage simple de l’économie numérique dont un certain nombre de règles sous-jacentes sont radicalement différentes des règles de l’économie classique. Après l’avoir lu, votre vision de la nouvelle économie sera plus claire et vous serez en mesure de vous poser les bonnes questions, et donc d’être armé pour y répondre.
 
Le livre est également édité en version e-book.

Les Lunettes de l'économie numérique

Fiche détaillée du produit

ISBN 9781326614485
Copyright Philippe RIS (Licence Creative Commons : Attribution 2.0)
Édition Première édition
Éditeur Philippe RIS
Publié 1 avril 2016
Langue Français
Pages 68
Reliure Couverture souple en dos carré collé
Impression intérieure Noir & blanc
Poids 0,1 kg
Dimensions (centimètres) 10,8 (largeur) x 17,48 (hauteur)

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Les lunettes de l’économie numérique

Sortie du livre les lunettes de l'économie numérique

 

Le dernier ouvrage de Philippe Ris,

 

"Les lunettes de l'économie numérique,

Comment comprendre la nouvelle économie en 17 règles"

 

sortira le 17 avril

en version papier et e-book.

En voici un petit aperçu en vidéo :

Tissons l’Iroise : Préface par Jean-Luc Bleunven

Préface

jlb4La révolution silencieuse du numérique est en marche, mais nous n’avons pas encore pris la mesure des changements qu’elle implique dans notre vie professionnelle, dans notre modèle économique.

Cet ouvrage arrive à point nommé pour rendre visibles les problèmes que cette évolution rapide va soulever, et nous interroger sur la manière dont nous pouvons tisser ensemble nos pratiques de demain.

Sur ce sujet, d’une importance encore trop peu comprise, il est nécessaire de sensibiliser les élus, les chefs d’entreprises mais aussi tous les citoyens, et leur montrer, par des témoignages concrets, que l’adaptation est possible sereinement.

Cette mutation sociétale, que nous pourrons peut-être mesurer après qu’elle aura eu lieu, s’annonce difficile à appréhender parce qu’elle risque de bousculer ce que nous avons mis des siècles à construire : notre démocratie, notre enseignement, nos valeurs.

C’est une raison suffisante pour engager dès à présent ce chantier, d’une réalité instable parce qu’en évolution permanente et rapide. Les exemples proposés par Philippe Ris ont, dans ce cadre, une vocation pédagogique indéniable.
La valeur première que nous devrons développer, pour tirer profit de ce bouleversement, sera sans doute la capacité de mise en réseau de nos intelligences, seule capable de cerner le nouvel environnement qui apparaîtra derrière cette révolution, c’est-à-dire développer des aptitudes nouvelles à la réflexion et à l’action collective.

Pour que ce temps de mutation soit surtout un temps d’opportunités pour chacun d’entre nous, il est essentiel qu’une prise de conscience collective ait lieu, et je me réjouis de pouvoir travailler cette question avec les acteurs de notre territoire au grand complet.

 

Jean-Luc Bleunven
Député de la 3
e circonscription du Finistère

Tissons l’Iroise : introduction

PhRIS
Depuis 2005, je contribue sur Internet aux débats d’idées sur ce média. Au fil du temps et au gré des rencontres, j’ai pu traiter de beaucoup de « grands » thèmes, comme la famille, l’économie, ou de philosophie politique. J’ai parfois eu la satisfaction de voir ces sujets reparaître dans les textes ou au sein d’un programme politique.
Les idéologies et les projets politiques tracent des chemins à l’échelle nationale ou internationale, parfois régionale. Mais lorsqu’il s’agit de la vie de Madame ou Monsieur Tout-le-monde, lorsqu’il s’agit de la politique de la commune ou du quartier, ces grands sujets paraissent bien loin de la vie des citoyens.
Or notre monde change, il change rapidement et violemment. Les grandes visions doivent cette fois impérativement redescendre au niveau de la vie de tous les jours et les élus reprendre leur rôle de décideurs du changement.
Cet essai politique a pour ambition de tracer une déclinaison concrète de ces thèmes et, peut-être, inspirer et servir de support au combat des élus locaux ou candidats.
Comment aborder le problème énergétique lorsque l’on est en charge d’une commune ou d’une communauté de commune ?
Peut-on amortir le choc maintenant inévitable du changement climatique ?
Comment la démocratie locale peut-elle être revivifiée et le tissu humain resserré ?
Comment nos communes et nos cantons tireront-ils le meilleur parti de la révolution numérique en cours ?

Voilà les quatre défis qui ont guidé la réflexion de cet essai. Le numérique en est le fil conducteur. Il relie ces thématiques, il est l’élément qui nous touche le plus directement, qui transforme le plus rapidement notre quotidien. Cet ouvrage ne raconte pas ce qui pourra se passer un jour, mais décode les changements radicaux en cours.

M. Le Gall est contrarié, extrait de « Tissons l’Iroise »

couv-iroiseMonsieur Le Gall est contrarié

La famille Le Gall s’apprête à partir en vacances et se voit déjà en train de bronzer près de la piscine de la maison qu’ils ont échangée avec la leur pour les vacances. Mais voilà, si la technologie est merveilleuse depuis qu’elle leur a permis de ne plus payer leur énergie grâce à la distribution intelligente d’électricité et surtout à la microproduction locale, il n’en demeure pas moins que cela n’empêche pas les pannes. Et justement, le chauffe-eau vient de tomber en panne !
Voilà Monsieur Le Gall obligé de chausser ses lunettes connectées pour se brancher au SAV de son chauffe-eau. Avec cette connexion directe et l’autodiagnostic en ligne de l’appareil, la panne est vite cernée: elle n’est pas grave puisqu’il s’agit juste de remplacer une pièce cassée. Le modèle numérique de la pièce est immédiatement envoyé aux établissements Gwennec, qui sont dotés d’une imprimante 3D professionnelle. Il est bien loin le temps où cette petite menuiserie artisanale survivait difficilement avec son métier de fabrication de meubles ! L’ancien métier existe toujours, mais la majorité du chiffre d’affaires est aujourd’hui généré par la production de pièces à la demande, et de la chaise à la pièce mécanique de M. Le Gall, le travail ne manque pas !
Finalement, la pièce de rechange est livrée 30 mn après le diagnostic et, toujours à l’aide de ses lunettes connectées, M. Le Gall peut, grâce à un programme de réalité augmentée, réparer sans coup férir la panne. Dire qu’avant, il aurait fallu attendre plusieurs jours pour qu’un technicien plus ou moins bien formé puisse intervenir à prix d’or !
La famille est maintenant prête à partir et n’attend plus que le taxi-malin, ce service amélioré d’auto-partage appliqué aux transports collectifs. Les vacances peuvent commencer !

L’histoire de M. Le Gall est naturellement une pure fiction. Pour autant, il ne s’agit pas de science-fiction, car, pour aussi étonnantes qu’elles soient, les différentes situations évoquées ici se basent sur des outils déjà existants : les lunettes connectées, l’impression 3D, les services en ligne, les réseaux intelligents de distribution d’énergie, les partages ou échanges de biens (voiture, habitation…), l’accès à la connaissance et l’aide à la décision via Internet.

Le monde de M. Le Gall est celui qui se construit en ce moment même. Mais pour entrer dans ce monde dans les meilleures conditions, il est nécessaire d’en comprendre a minima les règles, de démystifier la nature des changements, et de préparer chacun et chacune à un changement aussi radical qu’inévitable.